17 février 2018

[FSSPX Actualités] France: une nouvelle église dans le diocèse de Rennes

SOURCE - FSSPX Actualités - 16 février 2018

C’est une première dans le diocèse de Rennes depuis 40 ans : une église a été construite à Saint-Jacques-de-la-Lande, dans l’agglomération rennaise. Elle a été consacrée par Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes, Dol et Saint-Malo, le 11 février 2018, en présence de 200 paroissiens.

L’église Anastasis (« résurrection » en grec) répond à une « attente de la part d’une population très cosmopolite qui augmente en permanence, venue notamment d’Afrique et des Antilles. Elle cherchait un repère », explique le père Joseph Lecoq, curé de la paroisse, interrogé par l’édition locale du quotidien 20 minutes. « Je la trouve magnifique, surtout à l’intérieur. Le quartier en avait besoin. Elle va apporter de la vie », estime de son côté une habitante du quartier.

L’édifice a été imaginé par l’architecte portugais Alvaro Siza, âgé de 84 ans. Le style contemporain fait de grandes masses de béton n’est pas sans rappeler les constructions des années 1950-1960. Le résultat est… géométrique : un bâtiment tout blanc, un cube de béton blanc de douze mètres de hauteur, dont les lignes tranchées sont adoucies par la rotondité de l’abside et de l’espace dédié au culte. L’église, sans clocher mais avec un campanile, s’intègre parfaitement (trop !) à l’environnement urbain. « Autrefois, l’église s’imposait comme le centre autour duquel tournait la vie. Aujourd’hui, il faut faire un détour pour s’y rendre, comme un pèlerinage. A ville nouvelle, église nouvelle », a déclaré Mgr d’Ornellas lors de la consécration du lieu.

Ironie de l’histoire, les travaux, à hauteur de 3 millions d’euros, ont été financés en partie par la vente d’une ancienne église dans le quartier de Villejean, à Rennes, qui avait été bâtie dans les années 60… Mais, comme le souligne l’archevêque, la référence architecturale de cette nouvelle église est plus ancienne : « A la vue des premiers plans, une référence s’imposa : l’Anastasis de Jérusalem, que nous, Occidentaux, nous appelons facilement Saint-Sépulcre ». - Il fallait oser un tel rapprochement ! Après avoir assumé le caractère novateur de la construction, affirmer qu'elle se réfère à l'Anastasis de Jérusalem! Comment comparer une structure romaine alternant pilastres et colonnes, avec ces cubes épurés de béton blanc?

A l’intérieur, un rez-de-chaussée abrite un accueil, deux salles paroissiales, une cuisine et un escalier montant vers l’église située au premier niveau. « Il n’y a pas de vitraux, mais l’église est très lumineuse, même par temps gris. La lumière pénètre par des puits que l’on ne peut pas voir », indique le père Lecoq. «C’est une lumière qui se révèle et dont on ne perçoit pas la source. On perçoit un espace intimiste où la lumière est présente un peu partout», explique à Ouest France Jean-Pierre Pranlas-Descours, l'un des architectes du chantier.
Une église nouvelle conçue pour la nouvelle messe
Alvaro Siza avoue que la conception fut laborieuse: «On commence toujours un tel projet avec la peur au ventre ! Nous avons tant de siècles d’églises merveilleuses, déclarait-il lors de la pose de la première pierre, le 28 novembre 2015. Cependant, la liturgie a considérablement changé et, de fait, la conception de l’espace historique de l’église aussi». - Sans aucun doute, la nouvelle messe, ou plutôt «l'animation liturgique » – comme ils disent – devrait y être à l'aise.

Le baptistère et une statue de la Vierge à l’Enfant - auparavant installée à la prison des femmes de Rennes, et digne d'être remarquée dans cet univers blafard -, sont placés sous deux petits puits de lumière. Sur le sol pavé de marbre blanc, 145 chaises en bois sont disposées, et derrière l’autel, une grande croix fait face à l’assemblée. Il n’y a pas de nef centrale, pas de chemin de croix, et une sacristie accessible par escalier ou ascenseur, installée un étage au-dessus de «l’espace de célébration», - selon la terminologie moderne.

Comme le rappelle Ouest France, l’absence de croix visible à l’extérieur avait été critiquée sur les réseaux sociaux lors de la première présentation de l’édifice, au printemps dernier. «Elle est désormais installée à l’angle de l’abside, sur le côté donnant vers la route de Redon».

Les trois cloches fondues à Villedieu-les-Poëles (Manche) feront entendre leur timbre chaque jour à midi et à 19 h, et 10 h 20 le dimanche pour la sonnerie de l’appel avant la messe. Mais pas pour l’angélus. - Ce ne serait pas assez moderne, et cela attirerait trop l'attention sans doute. L'Eglise, dit l'archevêque, ne saurait « s'imposer » comme autrefois, - et il faut effectivement faire bien des détours pour la trouver.
  
Heureusement les fidèles pourront sans détour assister à la messe de toujours à Rennes au 44, rue Manoir de Servigné. Si la Fraternité Saint-Pie X ne dispose que d'un hangar aménagé, dans l'attente de la construction d'une église digne du culte catholique, elle n'a en revanche pas la prétention d'imposer ni d'inventer une Eglise nouvelle.

[La Nouvelle République] A Mérigny, 48 ans de traditionalisme

La communauté a émaillé
l’actualité de Mérigny, notamment
lors de ses désaccords avec
l’archevêché de Bourges. 
SOURCE - La Nouvelle République - 16 février 2018
La Fraternité de la Transfiguration a été fondée en 1970, par l’abbé Bertrand Lecareux. Au même moment, en Suisse, est fondée la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, par l’évêque Marcel Lefèvre qui sera, en 1988, frappé d’excommunication (puis réintégré, par le pape Benoît XVI, en 2009). La Fraternité de la Transfiguration est indépendante, mais ses prêtres sont ordonnés par des évêques de Saint-Pie-X.
   
Mérigny se revendique de Vladimir Ghika, religieux orthodoxe, converti, à 30 ans, au catholicisme, puis prêtre à 50 ans. Leur pratique inclut la messe en latin, l’agenouillement, les têtes des femmes couvertes lors des offices et la tunique pour les religieux.
   
Leur présence a émaillé l’actualité locale depuis sa création. En 1976, une trentaine de fidèles de l’abbé Lecareux s’installent sur le parvis de la cathédrale de Bourges et exigent de l’archevêque le maintien du prêtre. Mgr Vignancourt vient de signifier la fin de son contrat au curé des secteurs de Mérigny, Sauzelles, Fontgombault et Ingrandes. Il n’était nommé que pour cinq ans. En 1986, nouvelle décision de l’archevêché qui lui retire la responsabilité des paroisses. Une décision qui ira jusqu’aux tribunaux civils, l’abbé refusant, entre autres, de rendre les clés du presbytère de Mérigny. Les minutes du procès montre que l’abbé était alors défendu par Wallerand de Saint-Just, aujourd’hui cadre du Front national. La communauté n’est pas exempte de collusion avec l’extrême-droite.
   
En 1999, la communauté fera à nouveau parler d’elle en accueillant l’abbé Cottard. L’homme, membre de la Fraternité Saint-Pie-X, vient célébrer une messe en mémoire de quatre adolescents morts lors d’un camp qu’il supervisait.

16 février 2018

[FSSPX Actualités] Que se passera-t-il au Chapitre général de la Fraternité Saint-Pie X ?

SOURCE – FSSPX Actualités – 16 février 2018

Beaucoup de catholiques sont inquiets devant l’évolution que poursuit le Vatican. Les discussions autour de l’exhortation post-synodale Amoris lætitia ou les attaques contre le célibat sacerdotal dans la perspective du synode annoncé sur l’Amazonie laissent les fidèles perplexes.

Des cardinaux se dressent contre d’autres cardinaux, des évêques contre des évêques. Ils ne sont pas peu nombreux les catholiques de bonne volonté à reconnaître aujourd’hui que Mgr Lefebvre avait bien raison. C’est pourquoi les yeux de beaucoup – même en dehors des rangs des traditionalistes – se tournent vers le Chapitre général.
  
Le Bulletin du district d’Allemagne s’est entretenu avec le secrétaire général de la Fraternité Saint-Pie X, l’abbé Christian Thouvenot, chargé de la préparation du Chapitre.

Mitteilungsblatt : Nous aimerions informer les fidèles du déroulement du Chapitre général de 2018. Pourriez-vous commencer par vous présenter et expliquer quel est votre rôle à la Maison générale ?

Abbé Christian Thouvenot : Je suis prêtre depuis l’an 2000 et occupe le poste de secrétaire général depuis 2008. Mon travail consiste à suivre la correspondance de la Maison générale avec les séminaires et les districts, ainsi qu’avec les membres, à tenir à jour les dossiers des membres prêtres, frères, oblates et séminaristes. Je m’occupe du registre des délibérations du Conseil général et transmets ses décisions aux supérieurs concernés. Je m’occupe aussi des archives et de la communication de la Fraternité.

La Fraternité est dirigée par un Supérieur général, aidé par deux Assistants, tous trois élus ?

En effet, la Fraternité est dirigée par trois supérieurs élus pour un mandat de douze ans. Leurs attributions concernent la bonne marche de la Fraternité, l’organisation de l’apostolat, les nominations à travers le monde, etc. Ils doivent veiller, selon les Statuts, à entretenir et augmenter dans les cœurs de tous les membres “une grande générosité, un profond esprit de foi, un zèle ardent au service de l’Eglise et des âmes”. Ils ont leur demeure à Menzingen, où ils peuvent se reposer entre deux courses apostoliques mais aussi travailler, prier, étudier…

La Fraternité a connu ses dernières années une belle croissance. Vous avez publié quelques statistiques il y a peu. Pouvez-vous nous en dire plus ?

La Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X croît doucement, mais avec constance. Partout, les œuvres ont besoin de soutien et du renouvellement de leurs forces. C’est pourquoi il est important de toujours demander et prier pour obtenir beaucoup de vocations sacerdotales et religieuses, et spécialement beaucoup de saints prêtres.

Venons-en au Chapitre…

En juillet prochain se tiendra le quatrième Chapitre général de la Fraternité Saint-Pie X. Cette réunion est importante puisqu’elle élit les supérieurs majeurs pour douze ans, et vérifie si la Fraternité demeure fidèle à ses statuts et à son esprit. C’est l’occasion de faire le point sur l’apostolat, le développement des œuvres, la vie de communauté, les moyens de sanctification des membres. Il aura lieu au séminaire Saint-Pie X, à Ecône. Il réunit tous les supérieurs de districts et de séminaires, les évêques, ainsi que les membres les plus anciens. Il sera précédé d’une retraite sacerdotale afin de bien s’y préparer.

Quelle est la tâche d’un Chapitre ?

Comme je vous l’ai dit, le Chapitre a pour but d’élire les supérieurs majeurs et de vérifier l’application des statuts. A l’occasion du Chapitre, tous les membres ont pu écrire au secrétariat général pour faire connaître leur avis, leurs souhaits ou faire part de leurs difficultés. Tous ces avis feront l’objet de synthèses et de discussions au Chapitre.

Qui peut être élu Supérieur général ?

Peut être élu tout membre prêtre, âgé d’au moins trente ans et ayant prononcé son engagement perpétuel dans la Fraternité. Cela représente une liste d’éligibles de 462 noms ! Le Supérieur général est élu à la majorité des 2/3, et les Assistants à la majorité absolue des voix. Les élections, auxquelles prennent part les 41 capitulants, se passent lors de scrutins à bulletin secret.

Les statuts rédigés par Mgr Marcel Lefebvre prévoient que le Supérieur général doit rechercher la reconnaissance pontificale de la Fraternité Saint-Pie X. La question d’une Prélature personnelle sera-t-elle discutée ?

En effet, nos statuts prévoient que la Fraternité fasse “les démarches nécessaires pour devenir de droit pontifical”. Ce fut d’ailleurs le souci de Mgr Lefebvre, contre l’injuste et illégale suppression de la Fraternité en 1975, et au moment des propositions de reconnaissance canonique qu’il formula en 1987. Mais cette question de notre statut légal est une conséquence de la situation anormale de l’Eglise et du mauvais procès qui nous est fait. Nous sommes catholiques, romains, profondément unis au pape et à la hiérarchie de l’Eglise, mais dans la foi catholique. Nous suivons le pape, vicaire du Christ et successeur de saint Pierre, pas de Luther ou de Lamennais. Nous reconnaissons le magistère, l’autorité du Pontife romain et des conciles, mais dans la continuité de la Tradition, pas dans les nouveautés qui corrompent la foi, la liturgie et la doctrine de l’Eglise.

Pour répondre à votre question, il est vraisemblable que la question du statut de Prélature personnelle soit posée lors du Chapitre. Mais c’est le Supérieur général seul qui conduit la Fraternité et qui a la responsabilité des relations de la Tradition avec le Saint-Siège. Mgr Lefebvre, en 1988, avait tenu à bien préciser cet aspect.

A votre avis, quels sont les autres thèmes importants pour la vie de la Fraternité auxquels le Chapitre général devra répondre ?

Le Chapitre examinera tous les aspects de la vie quotidienne, vérifiera la gestion des biens, se penchera certainement sur les questions du recrutement, de la persévérance, des écoles, des missions, du développement des œuvres et de l’application des statuts dans nos communautés.

Le cœur de la Fraternité, ce sont les séminaires. Quels problèmes se posent et doivent être résolus ? Vous étiez auparavant dans l’enseignement supérieur, vous aviez donc affaire à des étudiants…

Les séminaires sont effectivement au cœur de la vie de la Fraternité, qui est d’abord une œuvre de restauration du sacerdoce catholique, et donc de formation pour donner à l’Eglise les prêtres dont elle a tant besoin. La priorité est d’assurer une formation de bon niveau, et donc de disposer d’un corps professoral compétent. Il doit être aussi capable d’accompagner les vocations pour qu’elles montent une à une les marches de l’autel et cultivent les vertus sacerdotales.

Les Sœurs de la Fraternité Saint-Pie X ont aussi leur Chapitre général cette année…

Les Sœurs de la Fraternité Saint-Pie X tiendront effectivement leur propre Chapitre au printemps. Elles servent magnifiquement aux côtés des prêtres et leur vie religieuse apporte beaucoup aux prieurés et aux écoles où elles se dévouent.

Que peuvent faire les fidèles en vue du Chapitre ?

Les fidèles sont invités à prier dès maintenant aux intentions du Chapitre, et plus largement pour le développement de la Fraternité comme œuvre d’Eglise, comme son vénéré fondateur l’a voulue. En particulier, je pense aux membres du Tiers-Ordre qui partagent plus étroitement notre esprit et nos intentions, qui souvent se dévouent dans les prieurés et apportent quotidiennement le suffrage de leurs prières à cette œuvre providentielle.

15 février 2018

[2017] [lifesitenews.com] Un évêque américain demande à son diocèse de se mettre à recevoir la Communion ‘sur les lèvres et à genoux’

SOURCE - lifesitenews.com - traduction de l'anglais - 13 avril 2017

Mgr Robert Morlino, évêque du diocèse de Madison, Wisconsin, a demandé à tout son diocèse de commencer à recevoir la Sainte Communion sur la langue, à genoux, d'ici l'automne prochain afin d'augmenter la "révérence" envers la Présence Réelle du Christ dans l'Eucharistie.

L'évêque a fait sa demande à la fin de son homélie à la messe du Christ du 11 avril, où les huiles sont consacrées à l'administration des sacrements dans les paroisses du diocèse.

"Je vais demander que nous progressions ensemble vers une plus grande révérence quand nous recevrions la Sainte Communion, je vais demander que les gens soient encouragés à recevoir la Communion sur la langue et à genoux", a-t-il dit vers la fin de son homélie.

"Il ne fait aucun doute que la communion sur la langue est plus révérencieuse et ne se prête pas à un comportement désinvolte, je vais demander, à partir de l'automne, que nos élèves apprennent à recevoir la communion sur le langue ", at-il ajouté.

Jusqu'aux années 1960, les catholiques du monde entier ont reçu la communion à genoux et sur la langue. La pratique de la communion dans la main est née d'une désobéissance qui remonte à la Hollande. En raison de l'abus généralisé de recevoir dans la main, le pape Paul VI a accordé un indult pour la pratique dans une lettre de 1969 de la Congrégation Sacrée pour le Culte Divin.

Brent King, directeur des communications du diocèse de Madison, a déclaré à LifeSiteNews que recevoir la communion de manière traditionnelle, agenouillé et sur la langue, augmente la vénération due à une «posture extérieure» d'abaissement du corps qui peut se traduire par une «disposition intérieure». devant Dieu.

Dans sa lettre aux Philippiens, saint Paul écrit que «au nom de Jésus, tout genou doit s'incliner».

King a dit que si "nous sommes agenouillés, nous montrons une révérence à ce que nous croyons réellement, que le corps, le sang, l'âme et la divinité du Christ sont présents dans l'hôte."

Il a également déclaré que personne ne se verrait refuser la communion s'ils choisissaient de continuer à recevoir dans la main.

Au cours de son homélie, Morlino a fait allusion à une allocution du Cardinal Robert Sarah, le 31 mars, où le Préfet de la Congrégation pour le culte divin a parlé d'une "grave crise de foi" dans l'Eglise due à une liturgie appauvrie.

Le cardinal Sarah a déclaré que la crise qui est "non seulement au niveau des fidèles chrétiens mais aussi et surtout parmi beaucoup de prêtres et d'évêques, nous a rendus incapables de comprendre la liturgie eucharistique comme un sacrifice, identique à l'acte accompli une fois pour toutes par Jésus-Christ, faisant en sorte que le Sacrifice de la Croix soit présent de manière non-sanglante dans toute l'Église, à travers différentes époques, lieux, peuples et nations. "

"Il y a souvent une tendance sacrilège à réduire la Sainte Messe à un simple repas convivial, à la célébration d'une fête profane, à la célébration de soi par la communauté ou, pire encore, à un détournement terrible de l'angoisse d'une vie qui n'a plus de sens. de la crainte de rencontrer Dieu face à face, parce que Son regard nous dévoile et nous oblige à regarder vraiment et sans broncher la laideur de notre vie intérieure. Mais la Sainte Messe n'est pas une diversion. C'est le sacrifice vivant du Christ qui est mort sur la Croix pour nous libérer du péché et de la mort, dans le but de révéler l'amour et la gloire de Dieu le Père ", a ajouté le cardinal.

Mgr Morlino a déclaré que si l'Église catholique a excellé dans les questions sociales à tous les niveaux, elle n'a pas réussi à transmettre une foi vivante aux générations montantes et futures. Il a dit que cela est révélé par le fait que moins de 25% des catholiques assistent maintenant à la messe.

Suivant l'exemple du Cardinal Sarah, Morlino a déploré la montée de l'activité dans la liturgie, où chacun ressent le besoin de "faire quelque chose" à la messe. Il a dit que l'appel à l'"actuosa participatio" des fidèles dans la liturgie du Concile Vatican II, a plus à faire avec une "participation réelle" qu'avec une "participation active".

L'évêque a dit qu'il est plus important pour ceux qui assistent à la messe de contempler profondément ce qui se fait à la messe, à savoir que Dieu soit rendu présent: Corps, Sang, Âme et Divinité. Cela devrait réveiller l'âme des fidèles présents et le remplir de crainte et d'émerveillement, mais souvent les fidèles sont trop occupés pour le remarquer, a-t'il ajouté.

Fr. John Zuhlsdorf, prêtre dans le diocèse de Madison, a écrit sur son blog "Father Z" que ce que Mgr Morlino fait est "exactement correct".

"Il est temps de passer, de plus en plus, à de passer à un culte sacré qui soit sérieux et qui nous transforme, en tant que personnes et en tant que communautés dans l'Église, petites et grandes, familles, paroisses, diocèses, nations", a-t-il dit.

"Dans cette optique, Mgr Morlino a fait exactement ce qu'il faut. Il a fourni un exemple personnel. Il a fait preuve de leadership. Il a prudemment permis une période congruente pour l'instruction ainsi que le dialogue avec les prêtres et les fidèles. C'est une grande bénédiction pour la Sainte Eglise, qu'il remplisse fidèlement son lourd mandat. Que son exemple soit repris par de nombreux pasteurs d'âmes", a-t-il ajouté.

L'année dernière, quand le cardinal Sarah a demandé au clergé d'adopter le 'ad orientem' - face à l'Est - lieu de la Messe à temps pour l'Avent, Morlino a été l'un des premiers évêques de l'Église à répondre à l'appel. Avant cette même année, Morlino a demandé que les tabernacles reviennent à l'avant et au centre de chaque église de son diocèse. L'évêque Morlino est arrivé au diocèse de Madison en 2003. À l'époque, il était souvent considéré comme un bastion du libéralisme, à la fois politiquement et spirituellement. Il n'y avait que six hommes qui étudiaient pour être prêtres. Sous la direction de Morlino, le nombre a sextuplé en 2015.

[Paix Liturgique] Pape François: à la messe, «le silence nous accompagnes»

SOURCE - Paix Liturgique - lettre n°631 - 13 février 2018
Depuis le mois de novembre 2017, le pape François consacre ses audiences générales du mercredi à la liturgie de la messe. Le 31 janvier 2018, il a prononcé sa huitième catéchèse à ce sujet. Nous vous proposons de parcourir aujourd'hui les différents points qu'il a examinés au cours de ses 4 premières interventions – celles des 8, 15 et 22 novembre 2017 et celle du 13 décembre 2017 – au cours desquelles il a voulu rappeler l'importance de l'assistance à la Sainte Eucharistie. 
1) Audience du 8 novembre 2017 (source) 
Nous commençons aujourd’hui une nouvelle série de catéchèses, qui portera le regard sur le « cœur » de l’Église, c’est-à-dire l’Eucharistie. Il est fondamental pour nous chrétiens de bien comprendre la valeur et la signification de la messe, pour vivre toujours plus pleinement notre relation avec Dieu. 
… 
Au cours des prochaines catéchèses, je voudrais apporter une réponse à certaines questions importantes sur l’Eucharistie et la messe, pour redécouvrir, ou découvrir, comment à travers ce mystère de la foi resplendit l’amour de Dieu. 
… 
À travers ces catéchèses que nous commençons aujourd’hui, je voudrais redécouvrir avec vous la beauté qui se cache dans la célébration eucharistique et qui, une fois dévoilée, donne tout son sens à la vie de chaque personne. 
… 
Un thème central que les Pères conciliaires ont souligné est la formation liturgique des fidèles, indispensable pour un véritable renouveau. Et c’est précisément là également le but de ce cycle de catéchèses que nous commençons aujourd’hui : croître dans la connaissance du grand don que Dieu nous a donné dans l’Eucharistie. 
... 
Nous ne pouvons oublier le grand nombre de chrétiens qui, dans le monde entier, en deux mille ans d’histoire, ont résisté jusqu’à la mort pour défendre l’Eucharistie ; et ceux qui, aujourd’hui encore, risquent leur vie pour participer à la messe du dimanche. 
… 
Si nous ne pouvons pas célébrer l’Eucharistie, nous ne pouvons pas vivre, notre vie chrétienne mourrait. ... 
L’Eucharistie est un événement merveilleux dans lequel Jésus Christ, notre vie, se fait présent. Participer à la messe signifie vivre encore une fois la passion et la mort rédemptrice du Seigneur. 
… 
Il faut enseigner aux enfants à bien faire le signe de la croix. C’est ainsi que commence la messe, c’est ainsi que commence la vie, c’est ainsi que commence la journée. Cela veut dire que nous sommes rachetés par la croix du Seigneur. Regardez les enfants et enseignez-leur à bien faire le signe de la croix. 
2) Audience du 15 novembre 2017 (source)
Pour comprendre la beauté de la célébration eucharistique, je désire tout d’abord commencer par un aspect très simple : la messe est prière, elle est même la prière par excellence, la plus élevée, la plus sublime, et dans le même temps la plus « concrète ». En effet, c’est la rencontre d’amour avec Dieu, à travers sa Parole et le Corps et le Sang de Jésus. C’est une rencontre avec le Seigneur. 
… 
Prier, comme tout véritable dialogue, est également savoir demeurer en silence – dans les dialogues il y a des moments de silence –, en silence avec Jésus. Quand nous allons à la messe, nous arrivons peut-être cinq minutes à l’avance et nous commençons à bavarder avec celui qui est à côté de nous. Mais ce n’est pas le moment de bavarder: c’est le moment du silence pour nous préparer au dialogue. C’est le moment de nous recueillir dans notre cœur pour nous préparer à la rencontre avec Jésus. Le silence est si important ! Rappelez-vous ce que j’ai dit la semaine dernière : nous n’allons pas à un spectacle, nous allons à la rencontre du Seigneur et le silence nous prépare et nous accompagne. 
… 
La première chose nécessaire pour prier est de savoir dire « Père ». Soyons attentifs: si je ne suis pas capable de dire « Père » à Dieu, je ne suis pas capable de prier. … Pour entrer dans le Royaume des cieux il est nécessaire de devenir petits comme des enfants. (...) C’est la première attitude : confiance et confidence, comme un enfant à l’égard de ses parents ; savoir que Dieu se rappelle de toi, prend soin de toi ; de toi, de moi, de tous. 
… 
La deuxième prédisposition, elle aussi propre aux enfants, est de se laisser surprendre. (…) Nous laissons-nous surprendre par Dieu qui est toujours le Dieu des surprises ? 
… 
Jésus Christ « est victime de propitiation pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier » (1 Jn 2, 2). Ce don, source de véritable consolation – mais le Seigneur nous pardonne toujours, cela console, c’est une véritable consolation – est un don qui nous est donné à travers l’Eucharistie, ce banquet nuptial au cours duquel l’Époux rencontre notre fragilité. Est-ce que je peux dire que lorsque je fais la communion pendant la messe, le Seigneur rencontre ma fragilité ? Oui ! Nous pouvons le dire parce que c’est vrai ! Le Seigneur rencontre notre fragilité pour nous reconduire à notre premier appel : celui d’être à l’image et à la ressemblance de Dieu. Tel est le cadre de l’Eucharistie, telle est la prière. 
3) Audience du 22 novembre 2017 (source) 
La messe est le mémorial du mystère pascal du Christ. Elle nous rend participants de sa victoire sur le péché et la mort et donne sa pleine signification à notre vie. 
… 
Pour comprendre la valeur de la messe, nous devons avant tout comprendre la signification biblique du « mémorial ». (…) Ce n’est pas seulement un souvenir, non, c’est davantage : c’est rendre présent ce qui s’est produit il y a vingt siècles. 
… 
L’Eucharistie nous conduit toujours au sommet de l’action du salut de Dieu. (…) « Chaque fois que le sacrifice de la croix, par lequel le Christ, notre agneau pascal, a été immolé, est célébré sur l’autel, l’œuvre de notre rédemption s’effectue. » (Lumen Gentium, 3) 
… 
Participer à la messe, en particulier le dimanche, signifie entrer dans la victoire du Ressuscité, être éclairés par sa lumière, réchauffés par sa chaleur. À travers la célébration eucharistique, l’Esprit Saint nous rend participants de la vie divine qui est capable de transfigurer tout notre être mortel. Et dans son passage de la mort à la vie, du temps à l’éternité, le Seigneur Jésus nous entraîne nous aussi avec lui pour faire la Pâque. Pendant la messe, on fait la Pâque. À la messe, nous sommes avec Jésus, mort et ressuscité, et il nous entraîne vers la vie éternelle. À la messe, nous nous unissons à lui. Ou plutôt, le Christ vit en nous et nous vivons en lui. 
… 
La messe, c’est cela : entrer dans cette passion, cette mort, cette résurrection et cette ascension de Jésus ; quand nous allons à la messe, c’est comme si nous allions au calvaire, c'est la même chose. 
… 
Quand nous entrons dans une église pour célébrer la messe, pensons à cela : j’entre au calvaire, où Jésus donne sa vie pour moi. Et ainsi, le spectacle disparaît, les bavardages disparaissent. 
… 
La participation à l’Eucharistie nous fait entrer dans le mystère pascal du Christ, nous donnant de passer avec lui de la mort à la vie, c’est-à-dire là, sur le calvaire. La messe, c’est revivre le calvaire, ce n’est pas un spectacle. 
4) Audience du 13 décembre 2017 (source) 
Nous nous demandons aujourd'hui : pourquoi aller à la messe le dimanche ? 
… 
La célébration dominicale de l’Eucharistie est au centre de la vie de l’Église. Nous, chrétiens, allons à la messe le dimanche pour rencontrer le Seigneur ressuscité ou, mieux, pour nous laisser rencontrer par Lui, écouter sa parole, nous nourrir à sa table, et devenir ainsi Église, c’est-à-dire son Corps mystique vivant dans le monde. 
… 
Le dimanche est un jour saint pour nous, sanctifié par la célébration eucharistique, présence vivante du Seigneur parmi nous et pour nous. C’est donc la messe qui fait le dimanche chrétien ! Le dimanche chrétien tourne autour de la messe. Quel dimanche cela est-il, pour un chrétien, s’il manque la rencontre avec le Seigneur ? 
… 
Certaines sociétés sécularisées ont égaré le sens chrétien du dimanche illuminé par l’Eucharistie. Cela est un péché ! 
… 
Sans le Christ, nous sommes condamnés à être dominés par la fatigue du quotidien, avec ses préoccupations, et par la peur du lendemain. La rencontre du dimanche avec le Seigneur nous donne la force de vivre l’aujourd’hui avec confiance et courage et d’aller de l’avant avec espérance. 
… 
En conclusion, pourquoi aller à la messe le dimanche ? Il ne suffit pas de répondre que c’est un précepte de l’Église; cela aide à en préserver la valeur, mais cela seul ne suffit pas. Nous, chrétiens, avons besoin de participer à la messe du dimanche parce que ce n’est qu’avec la grâce de Jésus, avec sa présence vivante en nous et parmi nous, que nous pouvons mettre en pratique son commandement, et être ainsi ses témoins crédibles. 
LES RÉFLEXIONS DE PAIX LITURGIQUE 
1) Le premier point important de cette catéchèse du pape c'est tout banalement son existence. Le pape François apparaît aux yeux de beaucoup comme uniquement préoccupé des questions sociales et politiques. Pourtant, le voici qui consacre, dans l'écrin le plus adapté qui soit, celui des audiences publiques du Vatican, son magistère à l'Eucharistie, « cœur » de la vie de l'Église. Et que dit-il en ouverture de cette série d'interventions ? 
a- Que la messe est un « mystère de la foi » dont la beauté, « une fois dévoilée, donne tout son sens à la vie de chaque personne ». 
b- Qu'elle est un « don de Dieu » dans le quel Notre Seigneur Jésus-Christ « se fait présent ». 
c- Que sans la messe « notre vie chrétienne mourrait ». 
d- Qu'elle commence par « le signe de la croix » pour nous rappeler qu'y participer « signifie vivre encore une fois la passion et la mort rédemptrice du Seigneur ». 

2) Le pape nous rappelle que la découverte de la beauté de la Sainte Eucharistie n'est possible qu'à travers la prière. La messe est même la prière « par excellence » puisqu'elle est « rencontre d’amour avec Dieu, à travers sa Parole et le Corps et le Sang de Jésus ». À cette rencontre avec le Seigneur, nous devons nous préparer par le silence car « nous n’allons pas à un spectacle, nous allons à la rencontre du Seigneur ». Le silence, en outre, nous prépare à retrouver notre âme d'enfants et à faire preuve d'humilité devant Celui qui est notre Père pour nous laisser « surprendre par Dieu ». L’éloge appuyé du silence dans la liturgie est d’autant plus intéressant qu’il semble directement inspiré des réflexions développées par le cardinal Sarah, Préfet du Culte divin, dans son ouvrage « La force du silence ». 

3) « Quand nous allons à la messe, c’est comme si nous allions au calvaire, c'est la même chose ». Le pape renoue avec un thème que l’on rencontre dans la catéchèse de Paul VI et de Jean-Paul II : célébrer la messe, dit-il, « ce n’est pas seulement un souvenir, non, c’est davantage : c’est rendre présent ce qui s’est produit il y a vingt siècles ». Thème important, mais dont nous avons remarqué dans notre lettre 623, qu’il est plus faible que le message doctrinal de Trente appuyé sur la messe traditionnelle. Celui-ci enseigne que la messe rend présent le Corps et le Sang du Christ, et que cette double consécration reproduit de manière sacramentelle mais réellement sacrificielle, hic et nunc, le sacrifice de la Croix. Si donc on prend la peine d’interpréter la parole du pape : « La messe, c’est revivre le calvaire, ce n’est pas un spectacle », à la lumière de la doctrine et de le liturgie traditionnelles, elle prend une bien plus grande force. 

4) Enfin, parce que la messe est « au centre de la vie de l’Église », le pape rappelle l'importance de sanctifier le dimanche, jour de notre rencontre avec le Seigneur. Au passage, il fustige les « sociétés sécularisées » qui ont oublié « le sens du dimanche chrétien » et insiste sur le fait que seule la messe « fait le dimanche chrétien ». 

5) Nous n'ignorons pas qu'il règne une grande confusion à Rome et que celle-ci s'étend aussi à la liturgie comme l'ont montré les résistances à l'œuvre du pape Benoît XVI. Sans relativiser les dommages doctrinaux et disciplinaires actuels, nous voudrions faire remarquer qu’ils ne font en réalité que porter à un degré supérieur la crise qui frappe depuis un demi-siècle l’Église. Cependant, parce que l’Église a les paroles de la vie éternelle, la grâce et la vérité ont toujours coulé, et coulent encore, de leur source romaine, même si c'est parfois comme un filet en pleine sécheresse. Par cette série de catéchèses du mercredi sur le sens du sacrifice eucharistique, le pape François a jusqu'ici choisi de s’inspirer de l'enseignement dispensé par le pape Benoît XVI comme par le cardinal Sarah. Il est bon, dans le brouhaha médiatique qui entoure ce pontificat, de le relever et de s'en féliciter.