TradiNews

Actualité(s) du Traditionalisme Catholique

25 septembre 2016

[Anne Le Pape - Présent] « On ne lâchera rien ! »

SOURCE - Anne Le Pape - Présent - 23 septembre 2016
Une association de catholiques cherche à sauver l’église Saint Bernard de Lyon pour la rendre au culte catholique
     
Au Canada et en Belgique surtout, mais aussi dans bien d’autres pays, des églises sont transformées en appartements, en hôtel, en restaurant, parfois même en boîte de nuit, ou tout simplement détruites (31 églises ont été détruites en France depuis l’année 2000, liste établie par Benoît de Sagazan). Cependant, protégées qu’elles sont par la loi de 1905, elles restent encore assez rares à connaître ce sort dans notre pays. Rares, certes, mais hélas ! cela semble devenir possible.
     
Madame Nicole Hugon est présidente de l’association Les amis du Bon-Pasteur et de Saint-Bernard de Lyon, créée le 13 février 2003 pour protéger, embellir et restaurer ces deux églises menacées qui se trouvent en plein centre de la ville. Elle répond aux questions de Présent concernant l’église Saint-Bernard, victime d’un projet qui fait beaucoup parler de lui actuellement.

— Quel est le projet actuel concernant l’église Saint-Bernard de Lyon, contre lequel vous vous insurgez ?

— Le projet actuel envisage tout simplement la transformation de l’église en centre d’affaires avec bureaux, café, restaurant, brasserie.

— Etes-vous seuls à vous dresser contre lui ?

— Pour l’instant, oui. Notre pétition a récupéré 2 236 signatures de soutien en ligne, et cela seulement en un peu plus de 15 jours.

— L’église n’est-elle pas située dans un endroit un peu mythique de Lyon, La Croix-Rousse, quartier des canuts ?

— Il s’agit effectivement de l’église des ouvriers lyonnais, les canuts, les plus pauvres de Lyon, eux qui ont tout donné pour voir construire cette église dont le terrain a été offert par une riche famille lyonnaise. Nous estimons que l’on ne peut mépriser de tels dons faits à l’Eglise et à la catholicité.

— Comme de nombreuses églises construites au XIXe, l’église Saint-Bernard n’a-t-elle pas une solidité toute relative et des problèmes de structure ?

— Elle est fragilisée par le fait qu’elle n’a pas pu être terminée, par manque de moyens : il manque le parvis à l’avant pour la soutenir, mais ses jours ne sont pas en danger puisqu’une consolidation a été faite et que ses fondements sont très solides. Si elle peut être rénovée pour devenir un centre d’affaires, pourquoi ne pourrait-elle pas l’être tout simplement pour rester une église catholique ? Les travaux de construction se sont échelonnés de 1857 à 1866. L’intérieur est un impressionnant vaisseau de pierre, l’architecte qui l’a conçu se nomme Tony Desjardin et les vitraux sont de Lucien Begule. Comme je vous l’ai dit, faute d’argent, l’église ne fut jamais terminée : la façade devait comporter un clocher et un parvis avec un double escalier donnant sur la place Colbert.

— Il est indiqué sur internet que l’église a été « déconsacrée ». Qu’en est-il exactement ? N’a-t-elle pas été tout simplement « désaffectée » ? Et si oui, par qui et à quelle date ?

— Effectivement, elle a été désaffectée en 1999 par Mgr Barbarin, car il ne s’y trouvait plus ni prêtre ni fidèles.

— Depuis combien d’années cherchez-vous à sauver l’église Saint-Bernard pour la rendre au culte catholique ?

— Nous cherchons à sauver l’église Saint-Bernard depuis 2003 : nous avons fait 23 demandes à ce jour car, depuis plus de quarante ans, les prêtres de la Fraternité Saint-Pie X ont célébré la messe successivement dans des appartements, puis dans une ancienne chocolaterie, ensuite dans une fabrique de vêtements et, à ce jour, dans une salle de billard, tous ces lieux ayant été transformés en chapelles de fortune.

— Vous avez donc pris contact avec l’archevêché pour lui faire savoir qu’un groupe de catholiques recherchait une église dans le centre de Lyon ?

— Chaque nouveau prieur de la Fraternité arrivant à Lyon va rendre une visite de courtoisie à l’évêque. Celui-ci connaît donc la situation et les lieux où les prêtres se voient obligés de célébrer. Moi-même, j’ai accompagné deux prêtres dans leur visite à l’évêque, notamment le 12 novembre 2014, pour lui demander une église au nom des paroissiens.

— Quelles sont vos chances de récupérer et de sauver l’église Saint-Bernard ? Les conditions accordées pour le rachat de la mosquée de Bron (1 euro symbolique mais la prise en charge de tous les travaux) vous conviendraient-elles ?

— Des lettres recommandées ont été envoyées à la mairie centrale, afin de connaître l’utilisation des 380 000 euros que nous avions obtenus pour la consolidation de l’église et savoir où sont sauvegardés les bien mobiliers qui y sont attachés. Nous comptons bien faire pression par des actions à venir, jusqu’à ce que la mairie accepte de rendre ce bien à sa destination première, qui ne doit en aucun cas être perdue de vue. On ne lâchera rien !

Nous disons au maire de Lyon : « Nous rendons à César ce qui est à César par nos impôts, rendez l’église Saint-Bernard aux catholiques de Lyon ! »

Propos recueillis par Anne Le Pape
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L’association Les amis du Bon-Pasteur et de Saint-Bernard de Lyon a lancé une pétition, que l’on peut signer sur internet. Le titre de la pétition est : « Signez pour que la Mairie de Lyon rende l’église Saint-Bernard aux catholiques ! »

[Mgr Williamson - Initiative St Marcel] Le Beau Fromage.

SOURCE - Mgr Williamson - Initiative St Marcel - 24 septembre 2016

Plus l’appât est délicieux sur l’hameçon, / Et plus de pauvres poissons vont penser que leurs ennemis sont des amis.
En Australie, il y a un mois, le Supérieur Général de la Fraternité Saint Pie X a brossé un portrait alléchant de sa subjection imminente – comme il l’espère – de la Fraternité aux officiels de la Rome conciliaire. Tirées d’un long discours, voici quelques remarques significatives qu’il fit, résumées ou citées en entier (en italique) :

[...] Rome nous offre une nouvelle structure . À sa tête sera un Évêque choisi par le Pape dans une liste de trois membres de la Fraternité, nommés par la Fraternité. Il aura autorité sur les prêtres, sur tout religieux désireux de joindre la nouvelle structure et sur les Catholiques appartenant à cette nouvelle structure. Ceux-ci auront un droit absolu de recevoir des mains des prêtres de la Fraternité tous les Sacrements, y compris le mariage. Cet Évêque sera capable d’ouvrir des écoles et des séminaires, d’ordonner ( des prêtres ), d’établir de nouvelles congrégations religieuses. La structure sera comme un super-diocèse, indépendant de tous les Évêques locaux. En d’autres mots, pour vous autres fidèles, il n’y aura pas de changement de ce dont vous profitez déjà avec la Fraternité. La seule différence sera que vous serez officiellement reconnus comme Catholiques.

Vous pouvez facilement imaginer qu’il y aura des conflits avec les Évêques locaux. Nous devons donc être prudents, mais au point où les choses en sont, vous ne pouvez imaginer rien de mieux que cette offre. Elle est telle qu’on ne peut penser qu’elle soit un piège. Ce n’est pas un piège, et si quelqu’un nous fait une telle offre, c’est qu’il ne peut que nous souhaiter du bien . Il veut que la Tradition prospère et qu’elle fleurisse au sein de l’Église. Il est impossible qu’une telle offre provienne de nos ennemis. Ils ont bien d’autres moyens possibles pour nous écraser, mais pas ce moyen-là [ . . . ].

Les remarques en gras appellent un commentaire –
  • Une « nouvelle structure » signifie vraisemblablement que la structure de Monseigneur Lefebvre pour la Fraternité sera essentiellement abandonnée. Rome crée une entité entièrement nouvelle. Adieu, chère Fraternité.
  • Un « Évêque choisi par le Pape » est extrêmement important. Et la tête de la « nouvelle structure » continuera vraisemblablement d’être choisie par le Pape. Demandez à la Fraternité Saint-Pierre ce que cela signifie. Cela a voulu dire dans les années 1990 que leur propre choix de Supérieur Général a été ignoré par Rome et que le candidat de Rome (l’abbé A.D.) a été imposé par l’obéissance, pour que Rome s’assurât le contrôle de la Fraternité Saint-Pierre.
  • Notez également comment cet Évêque sera capable « d’ordonner des (prêtres) » mais pas des Évêques. Rome gardera ainsi la main haute sur la nouvelle entité.
  • « Il n’y aura pas de changement » ? Mais bien sûr qu’il y en aura ! Rome aura désormais le contrôle.
  • « Vous serez officiellement reconnus » – mais quel besoin les Catholiques ont-ils d’une reconnaissance par des destructeurs de l’Église tels que sont ses officiels néo-modernistes actuels ? Être reconnus par eux ne peut guère être qu’un mauvais signe.
  • « Pas un piège . . . » ? Tout ce paragraphe est vraiment étonnant. L’auteur de ces Commentaires se sent obligé de recourir à la souris Mickey et à sa partenaire bien-aimée, Minnie, pour un commentaire :
Mickey : Très chère, peux-tu sentir le délicieux fromage que je sens ? Oh ! regarde, le voici!

Minnie : Mais Mickey, c’est une souricière que le propriétaire de la maison a placée là pour se débarrasser de nous. Tu ne vois pas ça?

Mickey : Cela ne peut pas être un piège. Je te le dis, si quelqu’un nous offre un si beau fromage, ça ne peut être que parce qu’il nous veut du bien. Évidemment il veut que nous autres souris, nous prospérions et fleurissions dans sa maison.

Minnie (le suppliant) : Oh ! Mickey, tu ne te rappelles pas combien de nos cousins sont morts de cette façon-là?

Mickey : Mais enfin je t’assure – et je ne me trompe jamais – il est impossible qu’un fromage si délicieux provienne de nos ennemis ! Ils ne pourraient jamais nous écraser de cette façon-là.

Minnie (avec un profond soupir) : Mais on ne peut mieux faire pour nous écraser ! Et combien encore de nos amis et de nos parents vont suivre ta direction ? Quel malheur que cet orgueil masculin!

Que l’on veuille pardonner la frivolité, mais c’est désormais à un vrai Disneyland que nous avons affaire.

Kyrie eleison.

[Riposte Catholique] L’Institut du Christ Roi ouvre un apostolat à Naples

SOURCE - Riposte Cathoique - 21 septembre 2016

Un lecteur italien nous fait suivre un lien vers le site des fidèles qui recense l’application du Motu Proprio à Naples (Italie). Il est annoncé que l’Institut du Christ Roi est appelé dans le diocèse de Naples, pour desservir l’église della Reale Arciconfraternita di Santa Maria del Soccorso de Naples.
Son Eminence le Cardinal Crescenzio Sepe, archevêque de Naples, a confié la célébration de la messe traditionnelle pour la Confrérie de Santa Maria del Soccorso Arenella, siège du Coetus St André Avellin, aux prêtres l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre. 
Les supérieurs de l’Institut, acceptant avec générosité la demande de notre archevêque, ont nommé de manière permanente à Naples deux prêtres, Don Louis Valadier et Don Florian Braun, qui, à partir d’aujourd’hui (lundi 19 Septembre 2016, fête de San Gennaro) , assureront la célébration de la messe selon le Usus antiquior du rite romain, conformément au Motu proprio « Summorum Pontificum » de Benoît XVI, tous les dimanches et fêtes d’obligation à 18h00.

[Abbé Christian Bouchacourt, fsspx - Fideliter (éditorial)] Si la France est malade, ce n'est pas d'abord du chômage : c'est que son âme est blessée

SOURCE - Abbé Christian Bouchacourt, fsspx - Fideliter (éditorial) - juillet-août 2016

Imaginons deux hommes de même constitution ayant subi le même grave accident qui les a menés aux portes de la mort. Si nous revenons quinze jours plus tard à l’hôpital, nous serons sans doute étonnés d’apprendre que l’un est mort, tandis que l’autre semble ressuscité. Que s’est-il passé ? Le premier, anéanti par la souffrance, s’est laissé emporter sur la pente douce de l’endormissement fatal. Le second, lui, a refusé de mourir, tout son être s’est mobilisé pour faire « repartir la machine », une véritable rage de vivre l’a envahi et a donné à son corps l’énergie nécessaire pour que les médicaments produisent un effet inespéré, pour que la mort recule craintivement.

Ce qui a fait la différence entre les deux, c’est la vitalité de leur âme. Chez l’un, elle était comme fatiguée de lutter, de souffrir. L’autre, au contraire, a mis en pratique la devise du maréchal de Lattre de Tassigny : « Ne pas subir ».

Notre France est malade : c’est une trivialité de le constater. Contre cette langueur mortelle, « on a tout essayé », diraient les politiques : plus de droits de l’homme, plus de socialisme, de libéralisme, plus de laïcité, de « vivre ensemble », de « valeurs républicaines », de démocratie... Mais rien n’y fait. La maladie continue de progresser.

Le problème, c’est que tous les remèdes proposés concernent le corps de la France. Il est vrai que notre pays souffre de difficultés économiques, de tensions sociales, d’une immigration incontrôlée, d’insécurité et de terrorisme, d’un chômage massif. Mais ceci n’est que la conséquence d’un mal plus profond et, faute de soigner celui-ci, on administre d’inutiles emplâtres.

Si la France est malade, ce n’est pas d’abord du chômage ou de la crise économique : c’est que son âme est blessée, altérée. Guérissez son âme, et la France revivra. Rendez-lui son âme, et les problèmes que connaît notre pays (et ils existent, bien sûr) trouveront une solution.

L’âme de la France est chrétienne. On peut tourner le problème de tous les côtés, on peut discuter pendant cent sept ans, on ne sortira pas de cette évidence solaire : l’âme de la France est chrétienne. Or, ce qui a constitué le geste fondateur de la modernité en France, c’est précisément la rupture entre le Christ et la France, lors de la Révolution. À partir de ce jour, parce que la racine de sa vitalité était coupée par le laïcisme, notre pays est comme entré en agonie.

Les effets les plus graves de cette rupture mortelle ne sont néanmoins pas apparus tout de suite : car la France vivait sur l’élan de la chrétienté. Les institutions issues du christianisme étaient encore largement en place, les moeurs étaient imprégnées de christianisme.

Toutefois, de génération en génération, cette empreinte chrétienne s’est progressivement effacée.

Les moeurs se sont paganisées. La France a commencé à subir cette perte de mémoire historique et spirituelle, cette décomposition morale qui la caractérise aujourd’hui. Plus graves encore ont été les lois scélérates qui institutionnalisent le mal, l’installent dans la société comme une chose normale, depuis la loi Naquet sur le divorce, en 1884, jusqu’à la loi sur les unions infâmes, en passant par la loi Veil sur l’assassinat des enfants, sans oublier ces lois d’euthanasie qu’on nous promet.

Il restait toutefois une institution qui conservait intactes les traditions françaises : c’était l’Église. Hélas ! à partir des années cinquante, les hommes d’Église ont commencé à tourner le dos à leur devoir et à vouloir à tout prix rejoindre la modernité dans ce qu’elle a de plus contestable. Cette trahison des clercs s’est accélérée avec le concile Vatican II et la période qui l’a suivi, dont le symbole est mai 1968.

Cependant, ce processus de décadence, s’il est très grave, n’est pas irrémédiable. Si l’âme de la France est atteinte, elle n’est pas encore définitivement morte, car elle survit dans tous les Français qui veulent conserver la foi catholique et les traditions nationales.

Pour inverser ce processus, il faut impérativement que chaque Français conscient du drame que connaissent notre pays et notre civilisation travaille au salut de la France. Nous avons besoin d’évêques vraiment catholiques et « gardiens de la cité ». Nous avons besoin de prêtres zélés, humbles, fervents, missionnaires. Nous avons besoin d’hommes politiques clairvoyants, habiles, courageux et habités d’une foi profonde. Nous avons besoin de soldats catholiques, de chefs d’entreprise catholiques, d’ouvriers et de paysans catholiques, d’enseignants catholiques, de policiers catholiques, de juges catholiques, de médecins catholiques...

Bref, il faut que les catholiques se réapproprient les postes majeurs de notre pays, non pas pour se servir eux-mêmes, mais pour servir la France. Il faut que les chrétiens reconquièrent méthodiquement leur patrimoine national, pour le rendre au Christ-Roi. Il faut que les disciples de Jésus cessent de subir avec résignation et tremblement une dictature mentalement étrangère aux traditions françaises, pour refaire une France vraiment catholique, et par là pleinement française.

Abbé Christian Bouchacourt +, Supérieur du District de France de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X

[FSSPX / District des Etats-Unis] Le Pape doit faire quelque chose pour éviter le schisme et l'hérésie!

SOURCE - FSSPX / District des Etats-Unis - version française par LPL - 22 septembre 2016

Un philosophe catholique autrichien craint qu'Amoris laetitia ne cause une complète rupture dans l'Église.
   
"Pour éviter schisme et hérésie, pour éviter une complète division dans l'Eglise, je pense qu'il est nécéssaire qu'on dise au pape [ces] problèmes et [qu'il les rétracte ]" déclare Josef Seifer, philosophe catholique autrichien dans une entrevue donnée à Gloria.TV. 

Le Professeur Seifer explique qu'il espère que le pape rétracte les déclarations d'Amoris laetitia qui semblent contredire la doctrine catholique. S'il "persiste" alors il y a un «danger de schisme."

Il est «objectivement hérétique» de prétendre, comme Amoris laetitia le fait, qu'une personne puisse être tout simplement incapable de vivre selon les exigences de l'Évangile, dit Seifert. Amoris laetitia suggère que les gens peuvent «reconnaître que c'est la volonté de Dieu de vivre dans une relation adultère", mais «cela contredit clairement un certain nombres de dogmes du Concile de Trente et clairement contredit clairement Veritatis splendor et d'autres enseignements solennels de l'Église», dit Seifert.

Il précise qu'il ne dit pas le pape soit hérétique, mais qu'il souligne seulement que le pape a fait des déclarations hérétiques qui doivent être corrigées.

Depuis la publication d'Amoris laetitia, le 8 Avril, 2016, nous avons été témoins d'une confusion générale dans le monde catholique. Chaque jour a apporté une nouvelle preuve d'une scission profonde au sein de l'Eglise. Le principal point en discussion est la permission pour les divorcés remariés de communier. Mgr Fellay avait annoncé cette conséquence, dès que l'Exhortation fut publiée:
"un curé, conformément à son devoir, refuse de donner le Corps du Christ aux pécheurs publics, tandis qu'un autre invite tout le monde à la sainte Communion… Une division profonde se dessine au sein de l'épiscopat et du Sacré Collège. Les fidèles sont désorientés, toute l'Eglise souffre de cette déchirure. "
Voici les étapes historiques de cette déchirure en ces derniers mois.

En Allemagne: ils reçoivent déjà la communion. Avant la publication d'Amoris laetitia, à Fribourg en Allemagne, les divorcés "remariés" recevaient déjà les sacrements après un temps de discernement à l'aide d'un prêtre. "Le diocèse de Fribourg a toutes les raisons de se sentir confirmé dans la voie qu'il a déjà choisie, et donc de continuer à marcher sur celle-ci avec confiance. Ce serait encore mieux, si d'autres diocèses pouvaient maintenant suivre [cet exemple]» a commenté sur Radio Vatican le professeur Eberhard Schockenhoff quelques jours après la publication d'Amoris laetitia.

Aux Philippines: on la donnera. Le 10 avril 2016, dans une lettre pastorale, les évêques catholiques des Philippines ont répondu: "La misericorde ne peut attendre. La misericorde ne devrait pas attendre!" Ils ont déclaré que l'Eglise doit accueillir ceux en situation irrégulière à "la table des pécheurs à laquelle le Saint Seigneur lui-même s'offre comme nourriture aux malheureux."

Le pape en Pologne: décidez vous-même! Le 27 Juillet 2016, le pape François a tenu une réunion privée avec les évêques du pays. Le président de la Conférence Episcopale de Pologne, Mgr Stanislaw Gadecki a révélé que le Saint-Père avait parlé de permettre aux conférences épiscopales locales de décider quant à la pratique controversée de donner la communion aux divorcés remariés.

45 théologiens: ce n'est pas catholique! Le 29 Juin 2016, 45 théologiens répandu dans le monde ont adressé au doyen du Collège des cardinaux, le cardinal Angelo Sodano, une analyse critique de l'exhortation post-synodale Amoris laetitia dans laquelle ils condamnent 19 déclarations de ce document pontifical.

Le Pape aux évêques argentins : "Il n'y a pas d'autre interprétation!". Le 5 septembre, le pape François a écrit aux évêques argentins leur confirmant qu'il n'y a «pas d'autre interprétation" d'Amoris laetitia que celle d'admettre les divorcés et remariés à la Sainte Communion dans certains cas, tels qu'ils sont exprimés dans le document "Critères de base pour l'application du chapitre huit d'Amoris laetitia" qu'ils ont publié.

Au Canada : on ne peut pas la donner. Le 14 septembre 2016, au Canada, les évêques du Nord-Ouest et d'Alberta ont déclaré, dans document donnant les lignes directrices pastorales, que l'Église catholique n'a pas changé sa pratique envers les catholiques divorcés et remariés civilement. Voici quelques points du document:
  • Le mariage est «un sacrement, une institution publique qui a pour mission de témoigner de l'amour fidèle du Christ."
  • "Par conséquent, pour les chrétiens baptisés, l'adultère est non seulement la violation de l'un des Dix Commandements; il est également un contre-témoignage public à la nature même de l'Église: l'union sponsale entre le Christ et les baptisés ".
  • Le sacrement de l'Eucharistie célèbre et approfondit "précisément cette union entre le Christ et son Église", de telle sorte que "toute rupture grave de cette union, comme l'adultère, doit être guérie avant la réception de la Sainte Communion."
  • Cela signifie qu'un catholique "doit confesser sacramentellement tous les péchés graves dont il a conscience" avant de recevoir la Sainte Communion.
  • "Une telle confession doit être motivée par une vraie contrition, qui implique nécessairement un repentir sincère et le renoncement du péché et la ferme résolution d'amender sa vie."
La lettre des évêques d'Alberta est très significative cependant, en ce qu'elle ne mentionne pas l'infâme note 351 du paragraphe 305 d'Amoris laetitia dans lequel le pape affirme que dans certains cas l'intégration des catholiques divorcés et civilement remariés peut inclure l'aide des sacrements.

En réalité, on pourrait demander au Professeur Seifert, l'Exhortation Amoris laetitia apporte t-elle la division au sein de l'Église ou manifeste t-elle plutôt des hérésies et des schismes déjà présents dans le clergé à travers le monde?